Le 20 mars 1995, la secte Aum Shinrikyō libérait du gaz sarin dans le métro de Tokyo, faisant 13 morts et plusieurs milliers de blessés. Trois décennies plus tard, quel est l’impact de cet attentat sur le Japon ?
Par Quentin Larue / Publié le 23 mars 2025
Le matin du 20 mars 1995, en pleine heure de pointe, cinq membres de la secte Aum Shinrikyō dispersent du gaz sarin dans plusieurs rames du métro tokyoïte. La panique s’empare des stations, les victimes suffoquent, Tokyo est en état de choc.
Matsumoto : un premier avertissement ignoré
Neuf mois plus tôt, le 27 juin 1994, un quartier résidentiel de Matsumoto est frappé par une attaque similaire au gaz sarin. Sept personnes y perdent la vie, et des dizaines d’autres sont gravement intoxiquées. Pourtant, les autorités ne soupçonnent pas encore Aum Shinrikyō.
Un attentat préparé dans l’ombre
Shōkō Asahara, gourou d’Aum Shinrikyō, a préparé cette attaque comme une tentative d’accélérer l’Apocalypse. Son organisation a pu se procurer et fabriquer des armes chimiques dans l’indifférence générale.
Un lourd bilan
13 morts, plus de 6 000 blessés. Au-delà des chiffres, l’attentat du métro de Tokyo a marqué une génération et mis en lumière la vulnérabilité du Japon face aux menaces terroristes.
Après l’attentat, une traque massive est lancée. Des dizaines de membres d’Aum sont arrêtés. Shōkō Asahara est condamné à mort en 2004, exécuté en 2018 avec plusieurs de ses disciples.
Une menace toujours présente ?
Bien que dissoute, Aum Shinrikyō a vu certaines de ses branches renaître sous d’autres noms. Des figures de l’organisation, comme Fumihiro Jōyū, ancien porte-parole du groupe, restent actives au sein de nouveaux mouvements. Si la surveillance des sectes s’est intensifiée au Japon, l’attentat du 20 mars 1995 demeure un rappel tragique des dangers liés aux dérives sectaires et au terrorisme domestique.