Publicité, mode, design de pochettes d’albums… Rien ne semble échapper à la créativité de l’artiste japonaise Yoshida Yuni. Directrice artistique, photographe et graphiste, elle conçoit des œuvres surréalistes à la frontière de l’illusion d’optique.
Par
Quentin Larue
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Crédit images
Yoshida Yuni
Publié le 23 juin 2025
À première vue, les œuvres de Yoshida Yuni semblent toutes droit sorties d’un logiciel de retouche photo ou bien d’une intelligence artificielle. Pourtant, elles sont bien tangibles. Très vite, le regard se met à traquer les coutures de l’illusion, comme un spectateur désireux de percer le secret d’un tour de magie. Découpages, sculptures, compositions, jeux de reflets, de lumières et de textures : autant de procédés créatifs qu’elle emploie pour désorienter notre perception, non sans une touche d’humour.

En découpant minutieusement la chair et la peau des fruits jusqu’à en composer des mosaïques, l’artiste reproduit, de façon strictement analogique, les effets du pixel et du zoom numérique. L’artifice devient matière, la réalité, elle, emprunte les codes de l’image retouchée.

Sollicitée dans de nombreux domaines, de la mode à la musique, vous avez sans doute déjà vu passer l’une de ses œuvres sans même le savoir. Elle a signé la pochette du single Hadaka No Yūsha (裸の勇者) de Vaundy, second générique de l’animé Ranking of Kings (王様ランキング, Ōsama Rankingu). On lui doit aussi la direction artistique de campagnes publicitaires pour de grands groupes japonais comme les centres commerciaux branchés LUMINE, présents dans certaines gare de JR East, ou PARCO, ainsi que pour des collaborations internationales telles qu’Uniqlo x Disney ou la licence Hello Kitty. Elle a même fait poser devant son objectif le duo comique BANANAMAN qu’elle a transformé en pot de fleurs.

Inspirations du quotidien
« Je passe mes journées à faire des allers-retours entre mon atelier et la maison, si bien que je ne m’inspire pas consciemment de quelque chose en particulier… Quand je reçois une commande, j’y réfléchis, et il se peut que je la relie à ce qui traverse mon regard au quotidien », confie-t-elle au magazine Brutus1. Et d’ajouter : « Pour les films, en revanche, je ne regarde que des œuvres sans rapport avec mon travail. J’aime les thrillers horrifiques et les histoires de mafia. »
Parcours et distinctions
Diplômée de l’Université d’Art et de Design Joshibi (女子美術大学, Jochi Bijutsu Daigaku), Yoshida Yuni fait d’abord ses armes dans plusieurs agences de publicité avant de se lancer en indépendante en tant que graphiste et directrice artistique. Les projets et les prix s’enchaînent rapidement : prix Tokyo ADC (Art Directors Club) en 2016, puis le Mainichi Design Price (毎日デザイン賞, Mainichi Dezain Shō) en 2019, décerné par le quotidien Mainichi Shimbun2. La même année, elle reçoit le trophée de Meilleure directrice artistique de l’année aux Mnet Asian Music Awards.

Puisqu’il s’agit d’un art visuel, nous vous laissons apprécier son travail à travers les quelques œuvres présentées dans cet article. Et si, comme nous, vous êtes captivé·e par l’univers de Yoshida Yuni, nous vous invitons à la suivre sur Instagram et à visiter son site internet.