Des DJ sets dans des boutiques japonaises pour en figer l’image en musique.
Par
Quentin Larue
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Crédit images
Login.jp
Publié le 6 juillet 2025
Une « archive numérique » du Japon contemporain
Login.jp se présente comme une « archive numérique qui enregistre l’expérience japonaise à travers la musique et l’art ». Poissonnerie, papeterie, entrepôt de riz… Tout autant de lieux du quotidien que le projet, présent sur YouTube, TikTok et Instagram, révolutionne le temps d’un DJ set.
À ce jour, la série Shōten (du japonais 商店, signifiant « magasin » ou « boutique ») compte sept épisodes et se décline en trois formats : un DJ set de trente minutes à une heure publié en intégralité sur leur chaîne YouTube, des extraits diffusés sur Instagram et TikTok, ainsi qu’une interview du propriétaire de la boutique servant de décor à ce concert numérique, disponible sur Instagram.
« Les Japonais apprécient la préservation des objets physiques. Ainsi, au lieu d’utiliser des méthodes numériques, ils préfèrent peut-être conserver les choses sur papier. »

Dans ces interviews, les propriétaires présentent leurs activités, leur vision du Japon contemporain ou encore le lien qu’ils entretiennent avec leur terre d’origine. C’est le cas de M. Murakawa qui, après avoir hérité d’un ancien entrepôt de stockage de riz traditionnel à Hida-Takayama, a réinventé le lieu pour y accueillir des artistes et des performances, donnant naissance au Machiya Mall Katoya.
Cet entrepôt est un véritable témoignage du savoir-faire traditionnel des charpentiers locaux. En effet, les habitants de la ville ont contribués à la construction de nombreux édifices de bois des capitales impériales de Nara et de Kyōto. La ville est par ailleurs aujourd’hui surnommée la « petite Kyōto » en raison de ses nombreuses bâtisses en bois datant de la période d’Edo. À l’instar de la démarche de Login.jp, M. Murakawa contribue ainsi à préserver ces lieux, qu’il réinvente par de nouveaux usages ou remet en lumière.

Une identité visuelle inspirée du Japon des années 1990 et 2000
Chaque épisode montre le DJ en plan fixe, entrecoupés de séquences tournés à l’aide d’une caméra vintage au rendu VHS, évoquant l’imaginaire du Japon des années 1990 et 2000. Derrière, ceux qui font vivre le lieu au quoditien vaquent à leurs tâches ou s’arrêtent un instant, visiblement intrigués, tendant l’oreille à la musique qui résonne autour d’eux.
Si les vidéos de Login.jp évoquent le concept londonien de Boiler Room, également organisé à plusieurs reprises dans la capitale nippone (où l’artiste riria avait par ailleurs rendu hommage à l’artiste belge Damso), elles s’en distinguent par leur volonté de s’inscrire dans une conservation du patrimoine culturel japonais, dans un contexte de mondialisation croissante marqué par la disparition progressive des petits commerces de proximité. Elles permettent, par la même occasion, d’inscrire dans cette continuité la musique électronique japonaise.